11 déc. 2011

Le témoignage de Mme Chombart de Lauwe

 
 
Le témoignage de Mme Chombard de Lauwe
 
Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation

Mardi 6 décembre 2011
 
auprès de nos élèves de 1S2, 1L et 214
 
Mme Chombard de Lauwe
 

Madame Chombart de Lauwe, Marie-José Wilborts de son nom de jeune fille, est venue témoigner auprès de nos élèves ce mardi 6 décembre 2011 sur son rôle en tant que résistante durant la seconde guerre mondiale, mais surtout de sa triste expérience des camps de concentration.

Fille d’un médecin pédiatre et d’une sage-femme, elle passe ses vacances d’adolescente sur l’île de Bréhat en Bretagne, où vit sa grand-mère. A la retraite de son père, la famille s’installe sur cette île. Elle est en première au lycée de Tréguier lorsque la guerre éclate.

Durant l’été 1940, les allemands débarquent sur l’île. Des Bréhatins se préparent à résister. Des bateaux partent la nuit vers l’Angleterre. Malgré le danger, Mme Chombart commence à transporter des messages dès cette époque.

A l’automne 1941, elle débute des études de médecine à Rennes. Elle retourne voir ses parents grâce à son Ausweis (laisser-passer).

 
 Ausweis de Mme Chombard
 
Intégrée au réseau "Georges France 31", elle permet le passage de documents importants, comme des plans de défense côtière, glissés dans ses cahiers d’anatomie, vers l’Angleterre. Le 22 mai 1942, elle est dénoncée par un agent double qui a infiltré le réseau. Elle sera emprisonnée à Rennes puis à Angers. Quatorze membres de son réseau sont également arrêtés.
Transférée àla prison de la santé,elle côtoie Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elle réussit à communiquer par les toilettes en ciment avec sa voisine de cellule, France Bloch-Sérazin. Elle sera ensuite emmenée à la Maison d’arrêt de Fresnes. Elle fera également un passage dans les cellules de la rue de Saussaie. Très récemment, ces cellules ont été redécouvertes. Sur les murs... des graffitis en tout genre... parmi ceux-ci, les 4 derniers vers du célèbre poème de Alfred de Vigny "La mort du Loup" :
 
Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.
 
... "des vers de circonstances"comme nous précise Mme Chombart. Ces vers sont désormais protégés et on peut visiter ce lieu.
 
Les cellules de la rue de Saussaie
 
Mme Chombart est condamée à mort, peine commuée en déportation "NN - Nuit et Brouillard" (NN = Nacht und Nebel). En juin 43, le train les emmène, elle et sa mère, vers le camp de Ravensbrück. Elle travaille alors dans l’usine Siemens et confectionne clandestinement des petits cadeaux pour soutenir ses camarades de camp. Ces petits cadeaux étaient les rares moyens de partager, de ne pas perdre leur dignité, de faire face à l’adversité.
 
Petits obejts confectioonés en guise de cadeaux...
 
On distingue ici un chapelet réalisé avec des morceaux de fils électriques, des petits boutons avec des numéros de matricule
 

Petits objets

Détails des petits insignes sculptés à la main dans des interrupteurs par Mme Chombart
 
 
Un mouchoir offert à Mme Chombart par une codétenue.
 
 En mars 45, elles sont transférées à Mathausen. Elle travaillera à l’infirmerie d’où proviennent ses pires souvenirs... le triste sort réservé aux bébés...
 
 
Ci-dessus, le brassard d’infirmière. Notez le numéro de matricule.
 
Le camp de Mathausen ne comprenait pas beaucoup de femmes... alors qu’à Ravenbrück, on dépassait les 40.000 femmes...
 

De retour chez elle en 1945, elle mettra bien du temps à reprendre une vie "normale", parfois blessée par les propos incrédules de certains.
 
Ci-dessous, vous trouverez une photo du groupe de 1S2 participant au concours de la Résistance mais également quelques passages vidéos de l’intervention de Mme Chombart.
 
 
 
 

 
 
Agenda
<<   Août 2017   >>
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3